La Fédération internationale de cyclisme projette d'instaurer un salaire minimum pour les femmes, quinze ans après l'avoir fait pour les hommes. Attention, tendance lourde, par nicolas herbelot
LES CYCLISTES PROFESSIONNELLES (ICI LA CHAMPIONNE DE FRANCE EN TITRE, AUDE BIANNIC) NE BÉNÉFICIENT PAS D'UN REVENU MINIMUM. D'AUTRES SPORTS, COMME LE BASKET AUX ÉTATS-UNIS ONT OUVERT LA VOIE.

La Fédération internationale de cyclisme s'est fixé pour objectif une division Élite d'équipes World Tour comparable à celle des hommes pour 2020, avec notamment la mise en place d'un salaire minimum pour chaque coureuse. Chez les hommes, celui-ci existe depuis quinze ans et a été réévalué cette année à 30839 euros annuels. Pour les femmes, aucun montant n'a encore été évoqué. Usera bas et symbolique au départ, car l'économie de leur discipline (sponsors, télé...) n'est que bourgeonnante. Et dans les autres sports ?
LES FOOTBALLEUSES À GRANDS PAS

Totalement amateur au siècle dernier, il profite d'une popularité en plein essor: 7 % des pros dans le monde sont des femmes, le nombre de licenciées(160000en France, plus de 1 million en Allemagne) et de ses retransmissions télé croît. Sa professionnalisation avait commencé au début du siècle aux États-Unis, mais le modèle français, notamment grâce à l'OL du président Aulas, l'a dépassé. Les footballeuses évoluant en France sont aujourd'hui les mieux payées au monde, avec un salaire moyen annuel de 42188 euros... et un minimum aligné sur le smic.

LES CONTRATS FÉDÉRAUX DU RUGBY A la différence du basket, du hand ou du volley, il n'y a pas de professionnelles françaises de rugby, deuxième sport le plus rémunérateur chez les hommes, mais encore très neuf chez les femmes. Pour y remédier, la Fédération a annoncé cet été qu'elle comptait développer ce qu'elle a fait pour une poignée de joueuses à 7, en proposant des contrats à mi-temps à 26 internationales quinzistes.
LE COMBAT DES BASKETTEUSES US
La WNBA est la ligue féminine la plus rémunératrice au monde, devant le netball australien et la D1 de foot française. Mais les chiffres restent dérisoires par rapport à ceux de la NBA: 68000 euros par an en moyenne (35500 en salaire minimum) pour les femmes contre 5,7 millions pour les hommes ! Contraintes au cumul des jobs (la WNBA est une ligue d'été, beaucoup jouent aussi en Europe], elles ont réclamé cet été non pas les mêmes montants, mais les mêmes pourcentages des revenus générés par leur ligue: elles en touchent aujourd'hui 25 % contre 50 % pour les hommes.